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N°10 - 031T decauville - 1902

La locomotive numéro 10 du musée est une 031T, construite en 1902 par Decauville. Elle est unique en Europe.

une contribution intéressante

La société Decauville a toujours été l’emblème de la voie de 60cm en France, notamment grâce à son chemin de fer éphémère pour l’Exposition Universelle de Paris en 1889. Pour cette occasion l’entreprise avait développé une locomotive de type 020+020T, par la suite appelée « type Exposition Universelle ». Cette locomotive était articulée, lui permettant de s’inscrire dans des courbes plus serrées, mais était relativement complexe, et pas toujours très fiable. C’est pour cela que les industries ne se jetèrent pas sur ces locomotives pour leurs exploitations, mais s’intéressèrent plutôt à un autre type de machines. En effet, à partir de 1889, un constructeur alsacien du nom de Weidknecht, mit au point des locomotives de type 021T et 031T. Ces machines attirent l’attention de Decauville qui propose à Weidknecht de s’associer, Decauville revendant les locomotives du constructeur alsacien. Ce fût un grand succès car ces machines étaient fiables, moins chères que les 020+020T Decauville, et acceptant un faible rayon de courbure. Par la suite Decauville obtient la licence pour construire ces fameuses machines, elles devinrent le « type 10 » du constructeur, ce fût donc la fin de l’association avec Weidknecht. Ce qui n’empêcha pas les deux entreprises de produire des locomotives parallèlement, même si celles-ci possédaient quelques petites différences, notamment la forme des soutes à eau. Plusieurs réseaux industriels, mais également des tramways, firent l’acquisition de ce modèle, à l’image du Tramway de Royan, longeant la côte Atlantique. Ce sont 3 locomotives de type 031T qui iront renforcer les 021T déjà présentes sur le réseau. Contrairement aux machines livrées aux réseaux industriels, les 031T de Royan avaient plusieurs particularités : leur cabine était ouverte sur les 4 côtés pour permettre une visibilité optimale, et leur cheminée pare-étincelles caractéristique.

qui mena au touristique

La locomotive du Musée des Transports de Pithiviers fût livrée le 20 août 1902 à la sucrerie d'Aubineau et Cie, à Ciry-Salsogne, dans l’Aisne, où elle fut baptisée « La Martroy ». Elle était accompagnée d’une deuxième machine identique appelée « La Fourmie ». Tout le matériel de la sucrerie sera réquisitionné pour les besoins de la Grande Guerre. Elle sera rachetée par la sucrerie Ternyck de Coucy-le-Château en 1920, où elle portera le numéro 9. Après une longue carrière betteravière elle sera achetée par un particulier et sera exposée au musée de l'AMTUIR à Malakoff. Elle arrivera le 19 novembre 1967 à Pithiviers. Laissée à l’abandon pendant de nombreuses années, les travaux de restauration ne commenceront en 1986 lorsque l'association en devient propriétaire, il faut presque tout refaire : reprise du mouvement, reprofilage des roues, retubage de la chaudière, etc … Grâce à son classement à la liste des « Monuments Historiques » en 1987, les restaurations pourront se terminer, en s’offrant le luxe de refaire une cheminée et d’ouvrir la cabine à l’arrière pour évoquer les locomotives du Tramway de Royan. Elle assurera ses premiers trains touristiques en 1992. Elle ne s’est presque pas arrêtée de rouler jusqu'en 2020 à cause de faiblesses sur sa chaudière qui nous ont obligé à l'arrêter. Elle est désormais visible dans le musée dans sa livrée rouge réalisée en 2017, parfaitement assortie aux couleurs des voitures ouvertes de l’association (plus d’informations ici).

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