Notre Histoire

Le Tramway de Pithiviers à Toury

 

Lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1889, Paul Decauville assura le transport des visiteurs des Invalides au Champs de Mars à l'aide de petites locomotives à vapeurs et de baladeuses. Le tout posé sur de la voie "portable" à faible écartement (60cm). Ce système de voie portative trouvera un franc succès dans les exploitations industrielles, agricoles et minières par exemple. Le principe de la voie portable est de pouvoir assembler facilement un réseau à l'image des trains miniatures d'aujourd'hui où il suffit d'assembler des coupons de voie, ce système est le même. La voie dite "portable" ou "voie Decauville" sera malheureusement célèbre pour son utilisation militaire, notamment lors de la Première Guerre Mondiale où elle servait à ravitailler le front et était démontée puis remontée plus loin pour suivre l'avancée du champs de bataille.

C'est en 1892, qu'une ligne reliant Pithiviers à Toury sera construite, pour une longueur d'un peu de plus de 30km. Le Tramway de Pithiviers à Toury (TPT) était né ! A savoir que l'appellation tramway est légèrement différente de l'appellation actuelle, le mot tramway était donné aux chemins de fer situés en bordure de route. En effet, la ligne du TPT était sur la quasi totalité du tracé, posé en bordure de route.

 

La vocation première de cette ligne était le transport de voyageurs entre les deux villes. Il sera assuré au début par six voitures Decauville de type "AB". Plus tard, des autorails prendront le relais (voir l'élément préservé : Le Crochat AT1). Cependant, la compagnie a pris conscience du potentiel du transport de betteraves entre les sucreries de Pithiviers et de Toury, qui deviendra l'activité principale du réseau. Plusieurs embranchements étaient présents sur la ligne afin que les exploitations agricoles puissent charger leurs betteraves dans le train pour les conduire dans l'une des deux sucreries. Les plus gros convois transportaient jusqu'à 250 tonnes de betteraves.

 

L'arrivée de l'automobile et plus tard du transport par camion mettra un terme au service voyageurs en 1952 et au trafic marchandise en décembre 1964Des trains spéciaux seront organisés par des passionnés pour faire revivre une dernière fois l'ambiance particulière de ce chemin de fer si précieux à leurs yeux.

Du TPT à l'AMTP

En 1966, l'Association du Musée des Transports de Pithiviers (AMTP) est née pour préserver une partie du patrimoine des chemins de fer secondaires, sans oublier le TPT. Grâce à la Fédération des Amis des Chemins de Fer Secondaires (FACS) et à l'Association du Musée des Transports Urbains, Interurbains et Ruraux (AMTUIR) le Conseil Général du Loiret, alors propriétaire du matériel et de la ligne, donnera son accord pour l'ouverture du musée. Deux locomotives à vapeur, l'autorail Crochat AT1 et des wagons seront cédés à l'association ce qui permettra de commencer l'activité touristique.

 

L'inauguration du Musée des Transports de Pithiviers a eu lieu le 23 Avril 1966. La locomotive en charge du train inaugural (la 3-5 Blanc-Misseron) avait circulé sur le TPT jusqu'à la fermeture. Les voitures voyageurs conçues sur des châssis de wagons marchandises sont une évocation des baladeuses Decauville de type "KE", notamment présentes sur le tramway balnéaire de Royan. A cette époque, le train prenait son terminus sur l'ancien évitement d'Ormes, situé à 3,2 km du musée. Il faudra attendre 1971 pour prolonger la ligne vers le terminus actuel de Bellebat, rajoutant ainsi 800 m de parcours.

Le site de Bellebat n'est pas d'origine du réseau, puisqu'il s'agit d'un ancien terrain d'entraînement militaire, avec une gare reconstruite de toutes pièces de style "Sologne" des anciens Tramways du Loiret. Les bâtiments d'origine seront préservés : l'atelier de peinture des wagons a été reconverti en guichet de gare; l'atelier de réparation des wagons en musée; le magasin et l'atelier de menuiserie en lieux de vie pour les bénévoles. Le dépôt a gardé sa fonction d'origine : il abrite les machines et permet l'entretien et la restauration du matériel du musée.

Au fil des années, la collection s'est enrichie de nouveaux matériels en provenance de France ou de l'étranger. Notre association tient son nom de "Musée des Transports" car en plus des trains, les visiteurs pouvaient voir des tramways et des autobus, aujourd'hui préservés par d'autres associations.

Aujourd'hui, nous continuons de faire vivre cette histoire en étoffant notre collection.